Les fonds arrivent pour alimenter la plaine du Saïss en eau

 

Le ministère de l’Agriculture doit signer d’ici mars prochain un contrat de prêt de 120 millions d’euros avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Ces fonds seront alloués à la construction d’un adducteur primaire de transfert d’eau de 135 kilomètres entre le futur barrage M’dez et la plaine du Saïss, afin de pallier le déficit hydrique estimé à 100 millions de m3 par an.

Bonne nouvelle pour les agriculteurs de la plaine du Saiss. Le ministère de l’Agriculture doit signer d’ici mars prochain un contrat de prêt de 120 millions d’euros avec son financeur la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Cette manne sera allouée à la construction d’un adducteur (souterrain) primaire de transfert d’eau de 135 kilomètres entre le futur barrage M’dez et la plaine du Saïss. Un projet stratégique afin de pallier le déficit hydrique de la région. Selon une source proche du dossier, ce prêt déjà approuvé en interne par le Conseil d’administration de la Banque européenne est désormais programmé pour la signature ce premier trimestre. «Le contrat de prêt doit être signé entre le ministère de l’Agriculture et la BERD dans les semaines qui viennent, en tout cas durant ce premier trimestre. Les négociations sont ouvertes pour fixer une date exacte. Néanmoins, la programmation de la cérémonie de signature pourrait être reportée en attendant la formation du nouveau gouvernement», a déclaré notre source.

Selon le document du prêt dont le «Matin-Eco» détient copie, le projet est une initiative de transfert d’eau de surface, visant à acheminer 100 millions de mètres cubes d’eau en moyenne par an, qui seront prélevés dans la retenue du barrage M’dez (en cours de construction) et transportés vers la plaine du Saïss (bassin du Sebou) par un adducteur de 150 kilomètres de long au total. Le volume à transférer à partir de 2019 correspond au déficit annuel moyen en eau de l’aquifère du bassin du Saïss, dont les eaux souterraines servent essentiellement à l’irrigation. Cela permettra donc d’éviter l’utilisation et la surexploitation de la nappe phréatique de Fès-Meknès pour l’irrigation des terres agricoles.

Ce chantier s’inscrit dans le cadre d’un grand projet hydro-agricole d’une enveloppe budgétaire globale de plus de 5,5 milliards de DH (environ 490 millions d’euros) qui prévoit également la construction du barrage M’dez sur l’Oued Sebou en soutien aux agriculteurs de la plaine du Saïss qui s’étend globalement sur 200.000 hectares. Le barrage M’dez mobilise, à lui seul, des investissements de plus 1,5 milliard de DH (150 millions d’euros), financés par le ministère délégué chargé de l’Eau. Il sera fin prêt en 2018 avec pour première mission de capter, dans le cadre de la sauvegarde de la plaine du Saïss, les ressources hydriques des zones excédentaires pour en faire bénéficier celles à potentiel de développement ou qui connaissent un déficit pluviométrique. Ce barrage sera doté d’une capacité de retenue de 700 millions de m3 (qui en fera le huitième du pays en termes de taille) dont 125 millions programmés annuellement au profit de 22.000 hectares de zones irriguées et de 4.800 agriculteurs. Selon une étude de la BERD, l’agriculture est de loin la principale activité économique dans la plaine du Saïss. Les cultures maraîchères détiennent la première place avec 44% de la superficie totale, devant l’arboriculture (39%), les cultures fourragères (7%) les céréales (7%), les légumineuses (2%) et les cultures industrielles (tomate : 1%).

 

 

 

 

 

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