La BERD négocie avec l’État un programme d’accompagnement des opérateurs

 

 

 

 

Après avoir accordé des prêts à trois entreprises minières privées opérant au Maroc pour un total de près de 600 millions de DH, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement planche sur un programme d’accompagnement technique et financier touchant tout le secteur minier hors phosphates. Les négociations sont en cours avec le gouvernement.

La BERD met davantage le cap sur le secteur minier marocain. Après avoir accordé des prêts à trois entreprises minières privées opérant au Maroc pour un total d’environ 600 millions de DH, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) planche sur un programme d’accompagnement technique et financier, plus large, touchant tout le secteur minier hors phosphates. «Nous sommes en négociations avec le gouvernement, particulièrement le ministère de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, pour concevoir et lancer ce programme. Notre projet consiste à soutenir le développement du secteur privé de l’industrie minière marocaine en mettant l’accent sur l’amélioration de la gestion des risques liés à la sécurité et à la santé au travail», a déclaré au «Matin Eco» Gabriel de Lastours, directeur associé spécialisé en ressources naturelles auprès de la BERD. Selon Anass Joundy, principal banquier pour les ressources naturelles au sein de la même institution, «la BERD compte lever des fonds auprès de l’Union européenne pour cofinancer la mise en œuvre de ce programme, dont la finalité est d’aider les opérateurs à atteindre les meilleures pratiques internationales lors de l’exploration ou l’exploitation des mines, notamment sur les volets sécurité et santé des mineurs».

D’après les deux responsables, la BERD espère dupliquer surtout le succès de son partenariat avec la Compagnie minière de Touissit (CMT) à tout le secteur. Rappelons que la BERD a accordé en décembre dernier à CMT un prêt de 28 millions d’euros destiné à financer le creusement d’un nouveau puits sur le site de Tighza qui permettra d’améliorer non seulement la productivité, mais aussi les conditions de santé, sécurité des mineurs et gestion de l’environnement. Outre ce financement, la BERD a également consenti un prêt de 15 millions de dollars à la Compagnie minière de Seksaoua et un autre de 6 millions de dollars à Maya Gold & Silver, l’entreprise canadienne spécialisée dans l’exploration minière au Maroc. Ainsi, avec près de 60 millions d’euros, le secteur minier n’aura bénéficié jusqu’ici que d’environ 5% des investissements de la BERD au Maroc. Depuis 2012, date de démarrage de ses activités au Maroc, jusqu’à cette fin janvier 2017, les financements de la banque européenne destinés au pays ont atteint plus de 1,12 milliard d’euros.

Cet intérêt grandissant de la BERD pour le secteur intervient au moment où le Maroc vient de lancer une nouvelle stratégie de développement dédiée (hors phosphates). Cette stratégie, arrêtée en concertation avec la profession, repose sur des objectifs ambitieux à l’horizon 2025 visant près du triplement du chiffre d’affaires du secteur à plus de 15 milliards de DH, et la multiplication par 10 du volume d’investissement dans l’exploration et la recherche minière à près de 4 milliards de DH. Il s’agit également de doubler les emplois générés par le secteur à plus de 30.000 postes directs.

 

 

 

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